Da’wah : la clé de la Révélation

Le Coran est une source de bénédiction divine, de tranquillité et de guidance, qui a commencé au moment même où le Prophète (sur lui la paix) a rencontré Jibreel et a reçu ses ordres : “Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble, qui a enseigné par la plume, a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas.” (96:1-5) Le Coran a un effet profond sur les croyants. Allah dit dans les versets suivants :

“Allah a fait descendre le plus beau des récits, un Livre dont [certains versets] se ressemblent et se répètent. Les peaux de ceux qui redoutent leur Seigneur frissonnent (à l’entendre); puis leurs peaux et leurs cœurs s’apaisent au rappel d’Allah. Voilà le [Livre] guide d’Allah par lequel Il guide qui Il veut. Mais quiconque Allah égare n’a point de guide.” (39:23)

“Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand on mentionne Allah. Et quand Ses versets leur sont récités, cela fait augmenter leur foi. Et ils placent leur confiance en leur Seigneur.” (8:2)

“Dis: « Croyez-y ou n’y croyez pas. Ceux à qui la connaissance a été donnée avant cela, lorsqu’on le leur récite, tombent, prosternés, le menton contre terre et disent: «Gloire à notre Seigneur ! La promesse de notre Seigneur est assurément accomplie.» Et ils tombent sur leur menton, pleurant, et cela augmente leur humilité.” (17:107-109)
Des millions de musulmans dans le monde entier sont témoins de ces émotions. Par exemple, pendant le Ramadan, les mosquées sont remplis des larmes de ceux qui écoutent le Coran et voient leur âme s’éveiller. Le Coran est profond dans le sens où, non seulement les mots et le sens ont un effet puissant sur les croyants, mais la récitation elle-même est une guérison et un éveil spirituel. Cela s’applique également aux non-musulmans, comme en témoignent les expériences sociales de non-musulmans écoutant la récitation du Coran et les commentaires qu’ils ont faits sur la façon dont ils se sentent “détendus” et “spirituels”.

Durant la vie du Prophète

Même à l’époque du Prophète (sur lui la paix), ses ennemis étaient extrêmement touchés par la beauté du Coran. Par exemple, Al-Walid Ibn Al Mughirah était l’un des riches leaders influents de Quraysh et l’un de ses poètes les plus célèbres. C’était le père de Khalid ibn Al-Walid. Ibn ‘Abbas raconte ainsi:

Al Walid ibn Al Mughirah (un polythéiste) est venu voir le Messager d’Allah. Le Messager d’Allah lui récita le Coran, et Al Walid semblait en être affecté et adouci. Abu Jahl en eut vent, alors il vint à Al Walid et lui dit “Ne vois-tu pas que ton peuple collecte des dons pour toi ?” Il a dit : “Et pourquoi cela ?” Abu Jahl a répondu : “Pour qu’ils puissent te le donner, car ils voient que tu es allé chercher de la nourriture chez Muhammad.” Al Walid lui dit : “Quraysh sait que je suis l’un des plus riches de ses fils.” Abu Jahl répondit : “Alors, dis à Muhammad quelque chose qui convaincra ton peuple que tu t’opposes à lui.” Al Walid répliqua : “Et que puis-je dire ? Il n’y a pas un seul homme qui connaisse mieux la poésie ou la prose que moi et par Allah, ce qu’il dit n’a aucune ressemblance avec ces choses. Par Allah, ce qu’il dit a une douceur et un charme, la partie la plus haute est féconde et la partie la plus basse déborde de générosité, elle domine et ne peut être dominée, et elle écrase tout ce qui est en dessous”. Rapporté par al-Hakim dans “al-Mustadrak” (2/506-507) et at-Tabari dans “Jami’ al-Bayan” (29/156)]

Un autre exemple est celui de Jubayr Ibn Mut’im, qui était le propriétaire de Wahshy ibn Harb (l’esclave qui a tué Hamza ibn ‘Abdul Muttalib à la bataille de Uhud). Lorsqu’il était prisonnier de la bataille de Badr (avant qu’il ne soit rançonné), Jubayr a déclaré : J’ai entendu le Messager d’Allah réciter la “Sourate Al Tur” dans la prière du Maghrib, et quand il est arrivé aux versets : “Ont-ils été créés à partir de rien ou sont-ils eux les créateurs ? Ou ont-ils créé les cieux et la terre ? Mais ils n’ont plutôt aucune conviction. Possèdent-ils les trésors de ton Seigneur ? Ou sont-ils eux les maîtres souverains ?” (52:35-37) mon cœur allait s’envoler de mon corps par peur” (“Tafsir Ibn Kathir” : 4/309). Jubayr ibn Mut’im est devenu musulman dans la période entre le traité de Hudaibiah et la conquête de la Mecque.

Certains des plus hauts dirigeants de Quraysh, Abu Jahl, Abu Sufyan et Al-Akhnas bin Shurayq venaient écouter le Prophète réciter le Coran la nuit. Ils n’étaient pas conscients de la présence de l’autre, alors ils écoutaient la récitation du Prophète jusqu’au matin. En partant, ils se sont retrouvés sur la route, chacun d’eux accusant les autres, en se disant : “Ne revenez plus, de peur de donner une fausse impression ( c’est-à-dire que vous aimez ce que vous entendez).” Puis ils sont revenus une deuxième nuit. À l’aube, ils sont partis, puis lorsqu’ils se sont retrouvés sur la route, chacun d’eux a blâmé les autres, en disant la même chose que la nuit précédente. Puis la même chose une troisième nuit. À l’aube, ils sont partis, puis lorsqu’ils se sont retrouvés sur la route, ils se sont dit les uns aux autres : “Ne partons pas avant d’avoir promis de ne pas revenir”, alors ils ont fait une promesse en ce sens, et sont partis chacun de leur côté. (Ibn Kathir)

Le Coran parle à la Fitrah

Un aspect intéressant de cette clé est que, vous l’aurez peut-être remarqué : toutes les autres clés utilisent ou font référence à la révélation pour déverrouiller la fitrah. Par exemple, dans la clé de la rationalité, pour démontrer l’existence de Dieu, nous avons utilisé les versets (52:35-36). Dans la clé de la spiritualité, nous avons utilisé (39:29) etc. On peut en conclure que tout le Coran a été envoyé pour éveiller la fitrah !

Reflexion

Le Coran devrait être le fondement même de notre da’wah. Utilisez-le et attachez-vous à lui. Chaque prêcheur devrait au moins lire le Coran dans sa langue maternelle. Prenez un exemplaire du Coran dans votre langue et mettez en évidence tous les versets que vous avez rencontrés dans ce cours, ainsi que d’autres que vous avez rencontrés en le lisant et en y réfléchissant. Ils vous serviront de référence pendant votre da’wah.

IeRA